Critique de disque | Songe, Vincent Bélanger

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Songe

Vincent Bélanger, violoncelle et compositions; Annabelle Renzo, harpe; Amélie Moïse, soprano; Véronique Turcotte, violon; Étienne Lafrance, contrebasse

Compte d’auteur, 2025

Avec son album Songe, Vincent Bélanger dit vouloir explorer en musique ce qui se rapproche des souvenirs et des rêves. « Chaque morceau invite l’auditeur à voyager à travers des paysages sonores mêlant mélancolie, douceur et intensité », écrit-il sur son site web. La première pièce, intitulée Solitude, fait entendre les sonorités aériennes de la harpe d’Annabelle Renzo, un solo marqué effectivement par la douceur et l’harmonie exquise. Voilà une parfaite entrée en matière pour un répertoire dont le but, poursuit le compositeur, est de « repousser les limites du classique » ou encore de le « rendre accessible à un large public », écrit-il dans le livret.

Difficile de dire que le langage de Bélanger « repousse » une quelconque limite quand on voit tout ce que Debussy et Stravinsky ont composé de musiques avant-gardistes. Peut-être est-ce dû aux formules trop lisses, presque banales, mais les deux morceaux suivants évoquent quelque chose que l’on a déjà entendu ailleurs : le célèbre thème du Concerto pour piano no 2 de Rachmaninov et Por una Cabeza de Carlos Gardel. Dans ce dernier cas, la ressemblance est troublante. On peut le regretter, surtout parce qu’il s’agit de la pièce éponyme de l’album et que c’est là un motif récurrent, distillé dans bon nombre de chansons en arrière-plan. 

Dans Passage ancien, on sent clairement le pastiche de la musique ancienne et ça nous donne le sourire. Le désir d’accessibilité de Bélanger est ici manifeste. Dialogue, pour violoncelle et contrebasse, incorpore çà et là des contre-sujets qui agrémentent joliment le Prélude de la suite no 1 de Bach. Enfin, Cantilène réunit la voix et tous les autres instruments pour un moment musical somme toute réconfortant qui rappelle le finale heureux de films d’aventure de Disney.

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A propos de l'auteur

Justin Bernard est détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la vulgarisation musicale, notamment par le biais des nouveaux outils numériques, ainsi que sur la relation entre opéra et cinéma. En tant que membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM), il a réalisé une série de capsules vidéo éducatives pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Justin Bernard est également l’auteur de notes de programme pour le compte de la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts de Montréal et du Festival de Lanaudière. Récemment, il a écrit les notices discographiques pour l'album "Paris Memories" du pianiste Alain Lefèvre (Warner Classics, 2023) et collaboré à la révision d'une édition critique sur l’œuvre du compositeur Camille Saint-Saëns (Bärenreiter, 2022). Ses autres contrats de recherche et de rédaction ont été signés avec des institutions de premier plan telles que l'Université de Montréal, l'Opéra de Montréal, le Domaine Forget et Orford Musique. Par ailleurs, il anime une émission d’opéra et une chronique musicale à Radio VM (91,3 FM).

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