Au-dela des plis vocaux : Soigner le chant avec la Dre Françoise Chagnon

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En tant que chanteur ou chanteuse professionnel.le, admettre avoir un problème vocal nécessitant un examen médical requiert une bonne dose de courage – et un soupçon de questionnement existentiel. Après tout, qu’est-ce qu’un ténor spinto sans do aigu ? Une soprano coloratura sans fluidité dans les passages stratosphériques de son fach ? Leur voix chantée n’est pas seulement un moyen d’expression : c’est leur identité.

Chirurgienne oto-rhino-laryngologue et professeure au Centre universitaire de santé McGill, la Dre Françoise Chagnon soigne les chanteurs autant lyriques que populaires. À travers ses cours et son travail clinique, elle souhaite démystifier les fausses croyances sur l’appareil phonatoire. « Il faut arrêter de craindre ce qui se passe uniquement sur les plis vocaux et regarder l’ensemble du mécanisme phonatoire. Le potentiel de réadaptation est plus grand à ce niveau », dit-elle.

La première étape d’une rencontre avec ses patients vise à bien comprendre leurs inquiétudes. « Les chanteurs qui viennent me voir ont une proprioception interne très juste de ce qui est normal ou anormal pour eux en termes de phonation », observe le médecin. Souvent, ses patients s’interrogent sur un aspect acoustique de leur voix, une question de fatigue ou de technique vocale, explique-t-elle. « Ils ont fait un bout de chemin pour corriger ce problème avec leur professeur de chant ou leur coach ou par eux-mêmes, puis ils ont frappé un mur ».

Travaillant aussi comme consultante en santé vocale à l’Opéra de Montréal, Chagnon prête attention aux bris perceptibles dans la voix parlée de ses patients et demande à entendre un enregistrement de leur voix chantée. Cette comparaison révèle parfois une « discordance », notamment chez de jeunes chanteurs. Le problème est souvent fonctionnel : une mauvaise utilisation de la voix au quotidien peut être à l’origine de troubles se manifestant dans le chant.

Le diagnostic repose aussi sur des technologies permettant de visualiser l’ensemble de la physiologie des voies respiratoires supérieures. L’examen se fait à l’aide d’un laryngoscope flexible, qui permet d’examiner le tractus phonatoire en mouvement, et d’un endoscope rigide, inséré par la bouche, qui donne une visualisation plus précise. Ces outils sont combinés à la stroboscopie, technique utilisant une lumière intermittente qui donne une illusion de mouvement au ralenti permettant de détecter des anomalies très subtiles à la surface des plis vocaux. « C’est là qu’on peut détecter des choses qui expliquent ce que les chanteurs ont perçu », dit la Dre Chagnon.

Le traitement des trois problèmes les plus communs des chanteurs – la fatigue phonatoire, l’effort phonatoire et les dérangements acoustiques – se fait souvent en collaboration avec les orthophonistes. Enfin, l’hygiène de vie joue un rôle crucial, souligne la spécialiste. Repos, hydratation, sommeil, bonne alimentation et gestion du stress sont autant de facteurs déterminants pour la santé vocale. Car la voix reste profondément liée à l’état global de l’individu, autant physique qu’émotionnel.

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A propos de l'auteur

Viktor Lazarov is an interdisciplinary musicologist and pianist specializing in performance practice analysis and contemporary repertoire by Balkan composers. Laureate of the Opus Prize for the “Article of the Year” awarded by the Conseil québécois de la musique in 2021, Viktor has performed and lectured in Austria, Canada, France, the Netherlands, Serbia, Spain, the United States, and published in CIRCUIT and La Revue musicale de l’OICRM. Viktor holds a Ph.D. in Musicology from the University of Montreal, an M.Mus. and a Graduate Diploma in Performance from McGill University, a B.Mus. from the University of South Carolina, and Graduate Certificate in Business Administration from Concordia University. (Photo: Laurence Grandbois-Bernard)

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