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BIS3.5
Weill : The Seven Deadly Sins
Wallis Giunta, mezzo-soprano; Jennifer France, soprano; Katarina Andreasson, violon; Benjamin Herzl, violon; Orchestre de chambre suédois; HK Gruber, chef
BIS, 2026
Il y a en fait trois œuvres sur ce nouvel enregistrement de musique de Kurt Weill. Toutes trois sont interprétées par l’Orchestre de chambre suédois, dirigé par HK Gruber, avec plusieurs solistes.
L’œuvre la plus longue est le « ballet chanté » Les Sept Péchés capitaux. Ce ballet raconte l’histoire de deux Anna qui se livrent à des perfidies pour s’enrichir dans différentes grandes villes américaines, cela dans l’espoir de pouvoir un jour bâtir une maison en Louisiane pour leur famille ingrate. Normalement, Anna I est chantée et Anna II est une danseuse ayant peu de texte. Ici, les deux Anna sont jouées par la mezzo-soprano Wallis Giunta. Elle chante avec une voix claire et lumineuse et articule extrêmement bien, de sorte qu’on entend parfaitement ce qu’elle dit. Ce n’est malheureusement pas le cas pour la famille (jouée par deux ténors, un baryton et une basse). La mezzo canadienne et son orchestre ont le bon ton. L’accompagnement instrumental mêle un style de cabaret « classique » assez abrasif avec du jazz, tandis que les parties chantées, entrecoupées de quelques segments parlés, ont davantage trait à l’opéra classique. Stylistiquement, le mélange des voix et des instruments est somme toute approprié et efficace.
La deuxième œuvre, plutôt étrange, est Le Nouvel Orphée, décrit comme une cantate pour orchestre de chambre, violon et soprano. Elle met en scène un texte insolite rédigé par Yvan Goll. Orphée est transposé dans l’Allemagne d’aujourd’hui à travers divers décors : un cirque, un cabaret, un groupe d’anciens combattants… Kurt Weill produit un pastiche musical pour chaque mise en scène. Orphée trouve enfin Eurydice à la gare de train, mais elle le déçoit. Il s’enlève la vie. Le Nouvel Orphée est l’une des premières œuvres (1927) de Weill. De plus, le style est peu marqué par la musique de cabaret et, bien entendu, de Broadway qu’il découvrira ultérieurement. La partition orchestrale est assez abrasive, avec des éléments de jazz, notamment dans la seconde partie. La partie vocale est plus lyrique et très bien chantée par Jennifer France. Katarina Andreasson excelle dans son rôle de violon solo.
La dernière œuvre est le Concerto pour violon et instruments à vent (1924). Le style est comparable à celui du Nouvel Orphée, mais certainement plus enjoué et chargé musicalement. Le second mouvement en particulier pourrait presque être confondu avec un scherzo. Le dernier mouvement, allegro molto, présente quant à lui des sonorités assez mystérieuses. C’est une découverte intéressante. La partie de violon est très bien interprétée par Benjamin Herzl.
Les enregistrements ont été effectués entre 2023 et 2024 au Örebro Konserthus en Suède. J’ai écouté les fichiers numériques 96 kHz/24 bits avant leur sortie, mais la version commerciale sera en SA-CD hybride. On peut s’attendre à d’infimes différences par rapport au disque SA-CD. C’est de la qualité : les détails foisonnent. L’environnement sonore et les basses sont solides. Un livret comprenant partitions, biographies et l’intégralité des textes est inclus pour les deux œuvres vocales.
Il s’agit d’un bon enregistrement des relativement célèbres Sept Péchés capitaux à inclure dans sa collection − et une occasion d’écouter deux autres œuvres beaucoup moins connues.
Traduction : Mathilde Wahl
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