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Naxos Records5
Nkeiru Okoye : When the Caged Bird Sings
Rita Coburn, narratrice; Angela Brown, soprano; Christie Dashiell, mezzo-soprano; Issachah Savage, ténor; Jubilant Sykes, baryton; Cyrus Chestnut, piano; EXIGENCE Vocal Ensemble; chœurs de l’University of Michigan; Eugene Rogers, chef de chœur; orchestre symphonique de l’University of Michigan; Kenneth Kiesler, chef.
Naxos, 2026
Il est rare de trouver un projet aussi mûrement réfléchi que When the Caged Bird Sings de la compositrice primée Nkeiru Okoye. Cette « célébration musicale », comme elle le décrit, puise dans la richesse du patrimoine culturel et historique afro-américain, en faisant référence à des écrivains, activistes, athlètes, politiciens et autres personnalités noires.
Le titre de l’album, rappelant l’autobiographie de la poétesse américaine Maya Angelou I Know Why the Caged Bird Sings, s’inspire d’une histoire du passage à l’âge adulte et aborde les thèmes également traités par Angelou de force et de capacité de transformation des femmes noires. La protagoniste Cerise, interprétée par Christie Dashiell, a fait face tout au long de son adolescence à des préjugés raciaux, de la discrimination et de la pression de conformité, mais grâce à sa détermination qui lui a permis de surmonter divers enjeux et au soutien de sa famille et de ses mentors, son histoire se termine sur une note pleine d’espoir, au sein d’un couple heureux avec un bébé dans le ventre.
S’articulant autour du proverbe africain et leitmotiv « Il faut tout un village pour élever un enfant », When the Caged Bird Sings met en lumière le cycle de recherche de soutien et de don de soi à la collectivité à travers Cerise qui peut compter sur ses parents, son conseiller en orientation et les membres de son église – représentant la foi de façon générale – pour l’aider à trouver sa propre force.
« Musicalement, When the Caged Bird Sings s’inscrit dans les sonorités de l’église afro-américaine et dans la tradition de la musique de concert », écrit le professeur Mark Clague dans le livret d’accompagnement. C’est un style qui favorise la puissance de l’expression émotionnelle, et le son qui provient des multiples voix des chœurs et des riches timbres des solistes enveloppe complètement l’auditeur et éveille son intérêt.
Grand moment de l’album, « I thought this life would protect us » est une chanson interprétée par le regretté Jubilant Sykes qui incarne le père de Cerise, où il confie à Dieu les efforts qu’il a déployés pour offrir une meilleure vie à sa fille. Sa sincérité lyrique produit un impact émotionnel immédiat. Outre les prouesses vocales de Sykes, cette chanson met aussi en valeur l’incroyable talent du pianiste accompagnateur Cyrus Chestnut, de l’orchestre et des chœurs. Les instrumentistes transportent la musique à travers une série de changements spectaculaires de tempos et de tonalités qui expriment autant le pragmatisme que l’exaspération et le désespoir.
Dans le rôle de Cerise, Dashiell brille de tous ses feux dans l’avant-dernière chanson, « You sheltered me ». Sa voix claire accompagnée du piano caresse l’auditeur telle une brise rafraîchissante. Les autres solistes, Angela Brown (la mère) et Issachah Savage (le conseiller en orientation), sont tout aussi remarquables. Bien établis dans le milieu de l’opéra, Brown et Savage offrent des prestations vocales riches et dramatiques à souhait.
When the Caged Bird Sings combine judicieusement histoire, fiction et divers styles musicaux. Sa plus grande force est sans doute son sentiment d’identité clair, étayé par des recherches approfondies et un attachement sincère à ses sources. Avec une telle profondeur, chaque nouvelle écoute apportera toujours son lot inépuisable de découvertes.
Traduction : Véronique Frenette
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