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Naxos4
Leó Weiner était l’âme égarée de la musique hongroise. Professeur à l’Académie Franz Liszt depuis 1908, aux côtés de Bartók et Kodály, il partageait la fascination de ses collègues pour la musique folklorique, mais pas leur modernisme. L’univers de Weiner appartenait à Brahms et Liszt, son orchestration aux années 1890.
Son premier concerto pour violon est un délice : Bruch sans la grande mélodie, mais avec un entrelacement entre soliste et orchestre et beaucoup de lâcher-prise dans les danses tsiganes. Il s’agirait ici de la première interprétation complète de l’œuvre, et aucune des 25 minutes ne semble superflue. Júlia Pusker est la soliste discrète; Valéria Csányi dirige l’Orchestre symphonique MÁV de Budapest. Tout est fait pour notre plaisir.
Deux autres morceaux – Variations sur un chant populaire hongrois et Divertimento n° 3 – sont de 1949-1950, époque à laquelle les commissaires staliniens encourageaient les compositeurs à écrire de la musique « pour le peuple ». Weiner, qui possédait une bibliothèque remplie de mélodies indigènes, resta du bon côté du régime oppressif. Il ne cherchait pas à faire passer un message, d’une manière ou d’une autre, et sa musique était toujours agréable. Dans ses aspects les moins subtils, elle ressemble aux airs joués par les groupes tsiganes dans les restaurants touristiques de Budapest, sensuelle et séduisante.
Georg Solti, son élève vedette de l’avant-guerre, parlait de lui avec une affection sans réserve. Le dernier enregistrement de Solti contenait un ensemble de variations en hommage à Weiner. Naxos a bien fait de récupérer ces partitions.
Traduction: A. Venne
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