{"id":1078910,"date":"2025-03-04T17:51:51","date_gmt":"2025-03-04T22:51:51","guid":{"rendered":"https:\/\/myscena.org\/?p=1078910"},"modified":"2025-03-05T23:12:51","modified_gmt":"2025-03-06T04:12:51","slug":"critique-ligeti-kubrick-et-la-musique-de-film-la-soiree-de-letrange","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-ligeti-kubrick-et-la-musique-de-film-la-soiree-de-letrange\/","title":{"rendered":"Critique | Ligeti, Kubrick et la musique de film : la soir\u00e9e de l\u2019\u00e9trange\u00a0"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\">Le concert du\u00a028 f\u00e9vrier dernier \u00e0 la Maison symphonique \u00e9tait l\u2019un des plus attendus du festival MNM. Au gr\u00e9 d\u2019un programme extr\u00eamement riche, cumulant 5 \u0153uvres et plus de 2h de\u00a0musique, il a donn\u00e9 lieu \u00e0 de plus ou moins belles surprises.<\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Le public \u00e9tait introduit \u00e0 l\u2019univers musical de Ligeti par l\u2019entremise de l\u2019organiste Jean-Willy Kunz qui, du haut de son perchoir, a interpr\u00e9t\u00e9 des extraits de <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Musica ricercata<\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">, que l\u2019on a pu entendre dans <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Eyes Wide Shut <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">(1999) de Kubrick. Pour l\u2019occasion, un homme v\u00eatu d\u2019une cape et d\u2019un masque v\u00e9nitien a fl\u00e2n\u00e9 le long du dernier \u00e9tage de la Maison symphonique, \u00e9voquant la sc\u00e8ne de d\u00e9bauche du film.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Le fait qu\u2019il s\u2019agisse seulement d\u2019extraits a signifi\u00e9 qu\u2019il y avait des moments de blanc assez importants entre chaque section. L\u2019angoisse suscit\u00e9e par la musique s\u2019est donc alli\u00e9e \u00e0 un certain malaise dont on ne saurait dire s\u2019il \u00e9tait volontaire ou non. Chose certaine, le d\u00e9but du concert s\u2019est av\u00e9r\u00e9 pour le moins disruptif.\u00a0M. Kunz a interpr\u00e9t\u00e9 la partition au mieux des capacit\u00e9s de l\u2019orgue, mais il manqu\u00e9 la pr\u00e9cision des attaques et la finesse des nuances qu\u2019un piano moderne est capable de produire habituellement pour cette \u0153uvre-ci.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Ensuite, c\u2019\u00e9tait au tour de l\u2019Orchestre symphonique de McGill, joint par les cordistes de la SMCQ, de s\u2019illustrer dans <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Lontano <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Ligeti, une pi\u00e8ce aux dissonances satur\u00e9es qui a plong\u00e9 la salle dans une atmosph\u00e8re pesante. Les all\u00e9es et venues de deux petites jumelles dans la section du ch\u0153ur, habill\u00e9es chacune d\u2019une robe bleue et blanche, a servi de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u00e0 <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">The Shining <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">(1980) de Kubrick.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Le chef Alexis Hauser avait une d\u00e9ambulation fragile des coulisses \u00e0 la sc\u00e8ne, mais une fois sur le podium et bien ancr\u00e9, il a dirig\u00e9 les musiciens d\u2019une main ferme. On peut seulement regretter que son travail ait essentiellement consist\u00e9 \u00e0 battre la mesure au lieu de donner des indications plus pertinentes sur la mani\u00e8re d\u2019interpr\u00e9ter la musique.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">La premi\u00e8re partie de concert s\u2019est achev\u00e9e sur le <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Concerto pour piano n<\/span><\/i><i><span data-contrast=\"auto\">o<\/span><\/i><i><span data-contrast=\"auto\"> 2 en sol mineur <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Prokofiev. Le jeune soliste, Alexey Shafirov, a\u00a0conquis le public par son sens romantique \u00e9lev\u00e9 et son phras\u00e9 g\u00e9n\u00e9reux, mais on l\u2019a senti assez rapidement d\u00e9pass\u00e9 par la vitesse d&#8217;ex\u00e9cution dans les passages virtuoses, notamment au moment des arp\u00e8ges descendants.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Au retour de l\u2019entracte, l\u2019orchestre a cr\u00e9\u00e9 <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Continental Dive <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Liam Gibson, une commande de la SMCQ qui se mariait\u00a0tr\u00e8s bien \u00e0 <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Ainsi parlait Zarathustra <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">de Richard Strauss par sa riche utilisation des cuivres et des percussions. Il y avait dans l\u2019alternance de passages <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">forte<\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\"> et <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">piano <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">quelque chose de bipolaire et\u00a0d\u2019impr\u00e9visible\u00a0qui a su maintenir l\u2019auditeur en haleine. On a \u00e9galement appr\u00e9ci\u00e9 le soin du compositeur \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des motifs musicaux qui se r\u00e9p\u00e9taient bri\u00e8vement d\u2019une section \u00e0 l\u2019autre de l\u2019orchestre et\u00a0donnaient \u00e0 entendre des \u00e9l\u00e9ments de discours structurants.<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">M. Gibson est mont\u00e9 sur sc\u00e8ne recevoir les applaudissements qui lui \u00e9taient dus. Dans un moment d\u2019\u00e9garement, Alexis Hauser est parti en coulisses sans convier d\u2019abord le compositeur \u00e0 se joindre aux musiciens et a, de plus, oubli\u00e9 la partition sur son lutrin. Le ballet inutile du technicien qui s\u2019en est suivi pour accommoder le maestro a suscit\u00e9 d\u2019autres interrogations sur l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit du chef \u00e0 ce moment-l\u00e0 et malheureusement nui \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du concert.\u00a0\u00a0 <\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">L\u2019ouverture d\u2019<\/span><i><span data-contrast=\"auto\">Ainsi parlait Zarathustra<\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">, derni\u00e8re \u0153uvre au programme,<\/span> <span data-contrast=\"auto\">a re\u00e7u un traitement visuel digne du film <\/span><i><span data-contrast=\"auto\">2001: L\u2019Odys\u00e9e de l\u2019espace <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">(1968). Le spot de lumi\u00e8re blanche braqu\u00e9 bri\u00e8vement sur le parterre de la Maison symphonique a surpris plus d\u2019un spectateur. Il s\u2019agissait en soi\u00a0d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence aux r\u00e9flexions des \u00e9crans sur le visage du pilote, assis devant son tableau de bord, et qui participent de l\u2019esth\u00e9tique de Kubrick.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">La conception visuelle de Sylvain Marotte promettait des choses int\u00e9ressantes, avec notamment la recr\u00e9ation de points de vue embl\u00e9matiques du film, mais plus la musique de Richard Strauss suivait son cours, mouvement apr\u00e8s mouvement, moins il y avait d\u2019animations projet\u00e9es sur le mur pour n&#8217;offrir, au final, qu\u2019un ensemble de blocs statiques \u00e9voquant le paysage rocailleux du d\u00e9but du film.<\/span><span data-ccp-props=\"{}\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span data-contrast=\"auto\">Trop en faire visuellement et d\u00e9tourner\u00a0l\u2019attention de l\u2019objet musical ou ne pas en faire assez et ne plus \u00eatre dans le th\u00e8me du festival? Telle \u00e9tait le dilemme impossible \u00e0 r\u00e9soudre. Dans les faits, ce sont les \u00e9l\u00e9ments plus concrets, les accessoires, la pr\u00e9sence des figurants et le monolithe qui semblaient le mieux capter l\u2019imaginaire. Cela dit, les images de mots \u00e9crits \u00e0 la main et de textes tap\u00e9s \u00e0 la machine pour illustrer l\u2019un des th\u00e8mes centraux de\u00a0<\/span><i><span data-contrast=\"auto\">The Shining <\/span><\/i><span data-contrast=\"auto\">se sont bien arrim\u00e9es \u00e0 la musique de Ligeti.<\/span><span data-contrast=\"auto\"><br \/>\n<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le concert du\u00a028 f\u00e9vrier dernier \u00e0 la Maison symphonique \u00e9tait l\u2019un des plus attendus du festival MNM. Au gr\u00e9 d\u2019un programme extr\u00eamement riche, cumulant 5 \u0153uvres et plus de 2h de\u00a0musique, il a donn\u00e9 lieu \u00e0 de plus ou moins belles surprises. Le public \u00e9tait introduit \u00e0 l\u2019univers musical de Ligeti par l\u2019entremise de l\u2019organiste<\/p>\n<div class=\"read-more hi\"><a href=\"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/justin-bernard\/critique-ligeti-kubrick-et-la-musique-de-film-la-soiree-de-letrange\/\" title=\"Continuer\">Continuer<\/a><\/div>\n","protected":false},"author":2811,"featured_media":1078911,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"om_disable_all_campaigns":false,"rating_form_position":"","rating_results_position":"","mr_structured_data_type":"","footnotes":""},"categories":[17265,17036,396,17277],"tags":[61003,60397,60434,47710,61004,46877,1472],"class_list":{"0":"post-1078910","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-contemporaine","8":"category-critiques-de-spectacles","9":"category-cinema","10":"category-musique-canadienne","11":"tag-alexey-shafirov","12":"tag-alexis-hauser-fr","13":"tag-kubrick-fr","14":"tag-ligeti-fr","15":"tag-orchestre-symphonique-de-mcgill-fr","16":"tag-simon-bertrand","17":"tag-smcq","18":"type-critique"},"featured_image_src":"https:\/\/aap5.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1245.jpg","blog_images":{"medium":"https:\/\/aap5.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1245-300x229.jpg","large":"https:\/\/aap5.myscena.org\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/1245.jpg"},"acf":[],"aioseo_notices":[],"ams_acf":[{"key":"le_volume","label":"Le volume","value":[]},{"key":"numero","label":"Num\u00e9ro","value":[]},{"key":"source_url","label":"Source URL","value":""},{"key":"author_name","label":"Author","value":""},{"key":"editchoice","label":"Edit Choice","value":[]},{"key":"is_cover_story","label":"Is Cover Story","value":[]},{"key":"performer_1","label":"Performer 1","value":""},{"key":"performer_2","label":"Performer 2","value":""},{"key":"other_info","label":"Other info","value":""},{"key":"ink_amazon","label":"Ink Amazon","value":""},{"key":"archambault","label":"archambault link","value":""},{"key":"price","label":"Price","value":""}],"multi-rating":{"mr_rating_results":[]},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1078910"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2811"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1078910"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1078910\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1078911"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1078910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1078910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aap5.myscena.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1078910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}